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1936

Au tribunal correctionnel de Brest
20 mai

 

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Source : La Dépêche de Brest 20 mai 1936

 

LES SUITES D'UNE AGRESSION

 

Le 1er mai, Michel Guéguen, 26 ans, sa femme, Virginie Breton, 27 ans ;

Tanguy Guéguen, 36 ans, et sa femme, Anne Breton, veuve Rozec, 32 ans, rencontraient, au port de commerce, le nommé Henri Vourch, 56 ans, demeurant à Saint-Marc, qui venait de toucher sa paie.

 

Après quelques libations dans divers cabarets, dont les frais incombaient à Vourch, Michel Guéguen, bien que dépourvu d'argent, invita tout le monde à manger des crêpes à Kérinou.

 

Vourch et ses compagnons passaient, vers 21 h., près de la sortie du bois de Boulogne, quand Michel Guéguen se précipita sur Vourch et, après l'avoir terrassé, lui enleva une somme de 100 francs.

Laissant là leur victime, qui avait bu plus que de raison, le quatuor se dirigea vers Kérinou, où les deux hommes et leurs femmes firent bombance avec le produit du vol.

 

Vourch ayant, le lendemain, déposé une plainte entre les mains de M. Courcoux, commissaire de police, Michel Guéguen et ses complices furent rapidement identifiés et appréhendés.

 

Inculpé l'un de vol, les autres de complicité et recel, le tribunal a condamné Michel Guéguen à quatre mois de prison ; Tanguy Guéguen, à deux mois, et les deux femmes chacune à quarante jours de prison.

Un mendiant peu commode 16 mai 1936.jpg

 

L'UNIJAMBISTE N'EST PAS COMMODE

 

Jean Falchon, 36 ans, sans profession ni domicile fixe, est titulaire d'une pension d'accident de travail de 2.000 fr. par an, dont il dépense la plus grande partie dans les cabarets.

 

Étant dépourvu d'argent, le 15 mai, il alla solliciter l'aumône chez M. Kernours, pharmacien, rue de la Mairie.

Mais comme le mendiant se trouvait en état d'ivresse, on l'invita à prendre la porte.

Falchon se mit en colère et menaça le pharmacien, qui dut faire appel à la police.

 

Le brigadier Le Bot étant intervenu, le mendiant retourna sa colère contre le représentant de l'autorité.

 

Bien que n'ayant qu'une jambe, Falchon se débattit comme un beau diable et, pour l'emmener jusqu'au poste de police, l'irascible unijambiste dut être transporté dans l'ambulance municipale.

 

Inculpé de mendicité avec menaces, outrages, rébellion et ivresse, Jean Falchon paraît, à l'audience, doux comme un agneau.

Le tribunal le condamne à deux mois de prison et cinq francs d’amende.

 

OUTRAGES PUBLICS A LA PUDEUR

 

Le tribunal ordonne le huis-clos dans une affaire d'outrages publics à la pudeur, reprochée à Joseph Cabon, 57 ans, domestique de ferme.

Les faits se sont déroulés le 12 mai.

Deux mois de prison.

 

LE BON TUYAU

 

C'est avec le traditionnel tuyau de caoutchouc que, le 19 avril, sur les quais du port de commerce, le docker Francis Pouliquen, 41 ans, soutira du vin d'une barrique pour remplir un litre qui se trouvait près de lui.

 

Mais notre homme n'eut pas le temps de déguster le pinard.

Il fut, en effet, surpris par l'agent de surveillance de la Chambre de commerce Hervé L'Her.

 

Pouliquen ne s'est pas présenté à l'audience.

Aussi écope-t-il de quatre mois de prison par défaut.

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LES VOYAGEURS SANS BILLET

 

Le maçon Pierre Coré, 30 ans, demeurant 16, rue Vauban, prenant le train le 6 avril, à Saint-Brieuc, est venu jusqu'à Brest sans billet.

En cours de route, il se fit « pincer ».

 

Ce voyage, fût-il d'agrément, lui coûtera une amende de 50 francs.

 

Le prévenu, qui fait défaut, aurait eu beaucoup plus d'intérêt à ne pas essayer de frustrer la compagnie des chemins de fer.

Un billet lui aurait coûté moins cher.

 

*

**

 

Jean Favé, 52 ans, journalier, s'est mis dans le même cas, en voyageant gratis de Guimiliau à Brest. Même peine que la précédente.

 

BANQUEROUTE SIMPLE

 

Le sujet italien Rodolphe Prez, 44 ans, établi entrepreneur 2, rue Fautras, est poursuivi pour le délit de banqueroute simple.

 

Déclaré en faillite le 1er octobre 1935, Prez, prévoyant ce qui aliait lui advenir, prit les devants et s'enfuit.

On suppose qu'il est allé se réfugier en Belgique.

 

Le syndic désigné pour examiner les écritures de l'ancien entrepreneur constata que ce dernier ne tenait aucune comptabilité.

Il existait seulement un grand livre sur lequel Prez avait fait mention de ses dépenses.

Aucune recette n'y figurait.

 

Le tribunal inflige à l'Italien huit mois de prison par défaut.

 

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