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Collision d'un avion

avec deux éoliennes de Lescoat

Plouguin

le 4 Avril 2008

Rapport du BEA (Bureau Enquête Analyse pour la sécurité de l’aviation civile) Octobre 2008 

Avec leur aimable autorisation

 

ACCIDENT 4 avril 2008

Avion immatriculé N511TE

Evénement : collisions avec deux éoliennes.

Cause identifiée : obstination à atteindre la destination, en régime de vol à vue, par conditions météorologiques défavorables.

Conséquences et dommages : extrémités des ailes gauche et droite sectionnées.

Aéronef : avion Beechcraft D 55.

Date et heure : vendredi 4 avril 2008 à 17 h 20.

Exploitant : privé.

Lieu : Plouguin (29), lieu-dit « Lescoat ».

Nature du vol : voyage.

Personnes à bord : pilote + 1.

Titres et expérience : pilote, 48 ans, licence de pilote privé de 1972 délivrée par les Etats-Unis, qualifications SEP, MEP terrestre et hydravion, IR/ME, 7 400 heures de vol, 1 476 sur type dont 57 dans les trois mois précédents.

Conditions météorologiques : estimées sur le site de l’accident : vent 010° / 10 kt, brouillard,

visibilité entre 400 et 800 m, OVC St entre 50 et 100 m, localement 30 m.

Le sommet de ces stratus est estimé entre 150 m et 300 m, température 13 °C,

température du point de rosée 10 °C, QNH 1027 hPa.

 

Circonstances:

Le pilote, propriétaire de l’avion, prévoit un aller et retour Brest-Biggin Hill (Royaume-Uni) dans la journée.

Le vol aller se déroule normalement.

Vers 15 h 00, avant le départ de Biggin Hill, l’agent du bureau de piste lui confirme par téléphone

que les conditions météorologiques permettent le retour vers Brest en vol à vue sans changement significatif pendant la durée du vol.

Pour le retour, le pilote prévoit un trajet sous plan de vol VFR de Biggin Hill à Jersey puis une route directe

vers Brest.

Après le survol de Jersey, il écoute l’enregistrement de 14 h 00 de l’ATIS de Brest qui annonce des nuages fragmentés dont la base est à 3 000 pieds, et une visibilité horizontale de dix kilomètres.

Le pilote explique qu’en croisière à 3 000 pieds QNH, il survole une couche nuageuse et voit le sol par instants (1). Il contacte le contrôleur de l’approche de Brest qui lui demande de prévoir une arrivée en suivant

une route côtière nord pour éviter plusieurs vols en approche.

Avant le survol du point NWL (point n° 1 sur la trajectoire), (voir carte ci-après), le pilote écoute les informations

de l’ATIS enregistrées à 15 h 00 qui annoncent des nuages épars à 1 200 pieds et à 2 700 pieds et une visibilité

de dix kilomètres.

Le pilote est toujours au-dessus des nuages et décide de descendre sous la couche.

Après quelques secondes de vol en vue du sol, il aperçoit des éoliennes(2), mais ne peut les éviter

(point n° 2 sur la trajectoire).

L’extrémité de l’aile gauche heurte la pale d’une première éolienne

et l’extrémité de l’aile droite heurte la pale d’une seconde.

Le pilote conserve le contrôle de l’avion, demande à arriver en approche directe pour la piste 07 droite

sur laquelle il atterrit sans dommage.

Le pilote précise qu’il accomplit régulièrement ce voyage et qu’il connaissait la présence des éoliennes, mentionnées sur les cartes aéronautiques.

Le jour de l’évènement, il portait toute son attention à la recherche visuelle de l’aérodrome.

Il ajoute que pendant le vol, il est resté perturbé par un choc émotionnel d’ordre privé qu’il avait subi à Biggin Hill.

(1)Les conditions météorologiques se dégradent rapidement par le nord en raison d’entrées maritimes qui n’apparaissent pas dans le message de l’ATIS de Brest. Celles-ci ont affecté l’aérodrome plus tardivement.

(2)Les éoliennes ont une hauteur de 393 pieds.

Vue des endommagements des ailes

BEA bureau enquête aviation civile accident avion éolienne plouguin patrimoine histoire
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