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François Le Borgne

Né le 26 Mai 1892 à Ploudalmézeau

Classe 1912 Matricule 2041

Incorporé le 10 Octobre 1913

19e Régiment d'Infanterie

Blessé à Ovillers la Boisselle (Somme)

le 17 Décembre 1914

Plaie ai cuir chevelu par balle

Blessé à Tahure (Marne)

le 25 Septembre 1915

Plaie main droite et épaule gauche par éclats d'obus

Classé inapte 2 mois le 21 Juillet 1916

​Classé inapte 1 mois le 3 Octobre 1916

Passé en renfort au 19e Régiment d'Infanterie

le11 Décembre 1916

Evacué malade le 28 Mars 1917

Soldat de 1ère classe le 28 Août 1917

​Disparu à Thierru Chartreuse le 28 Août 1917

​Prisonnier à Lundberg  et Langensalza

Rapatrié le 9 Septembre 1918

​Démobilisé le 17 Août 1919

​se retire à Landunvez

 

Campagne contre l'Allemagne

aux Armées

du 2 Août 1914 au 30 Novembre 1914

Intérieur blessé

du 1 Décembre 1914 au 2 Février 1915

 aux Armées

du 3 Février 1915 au 24 Septembre 1915

​Intérieur blessé

du 25 Septembre 1915 au 10 Décembre 1916

​aux Armées

de 11 Décembre 1916 au 28 Mai 1918

​Captivité

du 29 Mai 1918 au 8 Décembre 1918

​Intérieur

du 9 Décembre 1918 au 17 Août 1919​

Citation à l'Ordre du Régiment n°779

Pour sa belle conduite au feu

et sa longue présence au front

Citation à l'Ordre du Régiment n°1017

du 14 Avril 1918

Belle conduite pendant les combats des 25-26-27 Mars 1918.

S'est distingué par son courage et sa ténacité.

Médaille Militaire

Croix de guerre étoile de bronze

Médaille de la Victoire

Médaille Commémorative

Collection Marie Claude Héliès Le Borgne

Ex fusilier mitrailleur, médaillé militaire

François Le Borgne, Saïk ar Born est né à Kervédel, en Ploudalmézeau.

Quand la guerre éclata, il était employé à l’école de Saint Joseph

comme jardinier et homme à tout faire.

Il rejoignit le dépôt du 19ème R.I. Il y restera jusqu’à la fin.

On connait l’épopée : Maissin, Charleroi, Lenharrée, la Marne …

François Le Borgne n’en manqua pas un coup.

Il ne s’emballait pas.

Il ne s’esbignait pas.

Il « faisait son boulot » tirant avec amour sur sa vieille pipe,

dans tous les coins dangereux.

Le 19ème R.I. remonte vers le nord et se bat.

Au château de Thiepval, il reçoit une première blessure : une balle à la main.

Au début de 1915, c’est le secteur d’Amiens :

il n’y faisait vraiment pas confortable, comme on sait.

Septembre, bataille de Champagne !

Préparée aussi bien qu'on savait et qu'on pouvait à l'époque, sans canons lourds, sans munitions suffisantes; exécutée sous la pluie avec une énergie, un allant, une espérance, une certitude de vaincre et de percer...

Victoire, oui, si l'on veut. Mais de percée ? hélas !

A Tahure, le soldat François Le Borgne récolta tout de même une blessure à l'épaule, avec une citation à l'ordre du régiment.

Le 21 février 1916, les Allemands marchent sur Verdun. Avril, mai, juin... le 19ème R. I. oppose « la résistance monstrueuse »

dont l'ennemi s'étonne et se plaint. « Les meilleures troupes de l'armée française, dit-il: les Bretons ! » Combien périrent !!

Les rescapés reçurent le 12 juin, cinq jours après la chute du fort de Vaux, l'ordre du jour qui les glorifiait:

« Soldats de Verdun, c'est à votre héroïque résistance qu'on le doit, c'est sur elle que reposent nos victoires prochaines ! »

François Le Borgne sortait de cet enfer sans blessure, sans nouvelle citation, mais avec sa pipe … pour recommencer sur la Somme,

où l’offensive franco-anglaise se déclencha le 1er juillet, brutale et enfin victorieuse.

Inutile d'ajouter que la vague défaitiste de 1917 n'effleura pas notre homme.

N'insistons pas.

Le capitaine abbé Cadiou a raconté, dans ses « Cahiers du 19ème R.I.» qui sont une épopée, comment le Régiment sut tenir

et sauver l'honneur du drapeau.

Il a raconté aussi, avec quelle maîtrise sereine et toute vibrante d’humanité, les combats héroïques où se brisa

l’offensive allemande de la Somme.

Le 21 mars 1918, entre la Scarpe et l’Oise, ce fut le début de la grande bataille de France :

37 divisions ennemies et 64 contre 26 divisions anglaises, et le 22 le front britannique est rompu !

Dans les renforts français, le 19ème bien entendu.

Le 25 mars, le 26, le 27, c’est la lutte pied à pied sur la ligne Chaulnes-Lassigny.

François Le Borgne se bat en arrière de Roye.

Il est « fusil-mitrailleur ».

Le 25, le général Humbert a dit à ses hommes : « Vous défendez le cœur de la France ».

Pétain a insisté : « Cramponnez-vous au terrain ! Tenez ferme ! Les camarades arrivent ! »

En fait de camarades, on voyait plutôt les Allemands.

Mais on tenait.

On se cramponnait.

Désencadré, isolé, tourné, François Le Borgne tenait comme une teigne.

Personne pour servir son fusil.

Il travaille tout seul.

C’est la pagaille autour de lui.

Il ne sait plus où sont les camarades.

Il voit l'ennemi.

De front.

Ils arrivent sur lui.

Il les mitraille.

II les abat.

Des éléments avancés l'attaquent.

Il fait tête.

Il se porte, de lui-même, aux points qu'il sent menacés.

II tire.

Il n'a pas le temps de fumer, c'est bien dommage.

Mais tant que les ennemis en veulent, il leur en sert.

Et en ces trois mortelles journées, le paisible fabricant de cadavres ne reçoit pas une égratignure !

Alors tant d'héroïsme et de sens militaire reçut sa récompense, sous la forme d'une deuxième citation:

« Belle conduite pendant les combats des 25, 26 et 27 mars 1918, à l'attaque de la Somme ».

Les abominables et glorieuses journées de mai 1918, au Chemin-des-Dames, se terminèrent plus mal pour notre ami:

il fut fait prisonnier au Mont Notre-Dame...

Vingt années passèrent.

De Ploudalmézeau, François Le Borgne avait émigré chez son frère, à Kérerc'hal en Plouguin.

C'est là que, la Médaille militaire lui a été conférée, avec le motif que voici:

« Dans la retraite de la Somme, resté seul à la 1ère Compagnie, a tenu l'ennemi en échec en arrière de Roye

pendant 24 heures, lui causant des pertes très sensibles ».

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